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Le Procès Kerviel : les plaidoiries des parties civiles en direct

June 23, 2010 by Martin Smith 

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(QT) JUSTICE - L’ancien trader encourt jusqu’à 5 ans de prison…

15h35: Quel mobile?
Quant au débouclage, mis en cause par la défense, Me Veil le défend. «IIl n’est pas contestable que le débouclage a été bien fait», il a même été «salué» par Christine Lagarde à l’époque. Ce qui est «fascinant» dans cette affaire, c’est «a rapidité avec laquelle» tout a été connu. S’il veut la reconnaissance et la réparation du préjudice, il veut connaîtres les «mobiles» qui ont habité Jérôme Kerviel, surtout qu’en trois semaines, rien n’a été dit sur le sujet. «Quand cela gêne M. Kerviel», il parle plus bas et plus vite, note Me Veil. Il dit que c’est la première fois qu’il voit qu’une expertise psychologique soit ordonnée dans une affaire financière.

15h20: Les 4,9 milliards d’euros «nous sont clairement dus»
Me Jean Veil prend le relais et met en cause la défense de Jérôme Kerviel, qui a essayé d«’inverser les valeurs» et faire de la banque l’accusée. Il reproche à la défense d’avoir «sursaturé» le procès en faisant venir 34 témoins et en les accusants de ne pas parler librement. «Les faits sont là, ils sont aveuglants», clame-t-il. Lui, Me Veil, veut parler du «préjudice considérable». «nous aurions pu demandé la répération du préjudice moral, d’image», mais il est «irréparable». Il restait le préjudice financier. «Nous nous sommes demandé s’il fallait demander un euro symbolique», commence-t-il, mais dans un souci de simplification, les avocats vont demander «ce chiffre» de 4,9 milliards d’euros. «M. Kerviel ne le paiera pas, mais il nous est clairement dû».

15h10: «Qu’avez-vous fait de votre talent ?»
La plaidoirie de Me Martineau est presque finie, d’abord, il veut revenir sur le début du dossier, quand il le préparait avec un ancien salarié. Il va jouer sur la corde sensible… «Qu’avez-vous fait de votre talent, de votre éducation, de votre capacité de séduction, de la confiance que la banque vous a donné, si ce n’est pour mentir, trahir, sans état d’âme», conclut Me Martineau, lui reprochant de s’attacer plus à sa «notoriété» qu’à la «vérité»

15h08: Les trois délits constitués, pour Me Martineau
Me Martineau reprend maintenant les trois chefs d’accusation contre Jérôme Kerviel. «M. Kerviel avait conscience de la fictivité des opérations qu’il rentrait», dont, pour lui, le délit d’introduction frauduleuse de données dans une base informatique est «constitué». L’autre délit, «le faux», «un délit très grave» qui rompte «la confiance». Cela montre la «gradation» du comportement de Jérôme Kerviel vers la dissimulation. En plus, c’est un faux matériel, que Kerviel a reconnu. Ces faux ont permis à Kerviel «d’exposer la banque» sur les marchés et de continuer à prendre des positions hors mandat. Là encore, le délit est «constitué». Enfin, c’est l’abus de confiance. «M. Kerviel a trahit la confiance de ses supérieurs», un délit «qu’il nie pour des raisons juridiques». Or, reprend Me Martineau, il n’y a aucune preuve qui a été apportée pour prouver que les supérieurs savaient. Au total, «le préjudice», c’est 1,4 milliard d’euros.

14h56: La banque n’avait pas «conscience du système frauduleux»
Me Martineau revient sur les alertes sur le compte de Jérôme Kerviel, qui ont été évoquées durant le procès, plusieurs mois avant qu’il soit pris. Que la Soc Gen n’ait pas su lire «les alertes ne prouve pas» que la banque avait «la conscience du système frauduleux mis en place par M. Kerviel», «ni le consentement», assure Me Martineau.

14h47: Une «thèse invraisemblable» en cinq points
Bref, une “thèse invraisemblable”. Et l’avocat de demander: si tout le monde sait, pourquoi cacher? De plus, il conteste que la banque savait et ne disait rien quand il gagnait de l’argent. Sa thèse repose sur “une conception ubuesque de l’activité d’un trader dans une salle de marché”. Son idée des salles de marchées est «mythomaniaque», insiste Me Martineau. Impossible qu’on laisse un trader engager de tels montants, «ça n’a pas de sens». Autre argument pour démontrer que cette thèse est «invraisemblable», c’est que Jérôme Kerviel est «seul» à la soutenir. Enfin, l’avocat pointe les «amalgames» et «confusions» entretenues par Jérôme Kerviel, sur «la notion même de dépassement», les opérations techniques et fictives, «les limites», tout ça pour «égarer le tribunal».

14h40: Les variations de la thèse de M. Kerviel
La thèse de M. Kerviel a “évolué”. “Pendant la garde à vue, il a tout avoué”, les faux, les positions prises hors mandat, etc. Il a dit qu’il n’avait jamais parlé à ses supérieurs “de son système frauduleux”. “Il l’a dit, c’est écrit”, insiste Me Martineau. Après une citation de Zola, l’avocat lit une citation de Jankelevitch, traitant du mensonge. Ensuite “il change d’avocat” et donc de thèse, qui “évolue”. “Il ne conteste pas ses fautes, il nuance”, en disant que la banque ne pouvait pas ne pas savoir. Avec son dernier avocat, Me Metzner, “c’est le dernier état des variations de la thèse de M. Kerviel, dit l’avocat, le prévenu dit désormais: “la banque m’encourageait”.

14h34: Kerviel est un “trafiquant de l’apparence”
Me Martineau, toujours pour la banque, prend le relais. D’abord, il aimerait dire que “la thèse de Jérôme Kerviel est invraisemblable”. Pour lui, le pire, c’est la “manipulation” de Jérôme Kerviel, grâce à “toutes les capacités qui sont les siennes”. Il utilise “un jargon” incroyable qui fait qu’on “a peur d’avouer” ne pas comprendre. “Il joue aussi de sa réputation, il sait faire valoir sa sénioricité, son sérieux”, ajoute-t-il. Il a aussi “la capacité de dire tout et son contraire” dans la même phrase. “Face à un tel trafiquant de l’apparence, on comprend que (tous) ont pu être trompé par les explications mensongères de M. Kerviel, surtout si on ne soupçonne pas le mensonge, surtout si la parole manipulatrice s’accompagne de faux”.

14h30: “Une situation extrêmement embrouillée”
Le pire, pour Me Reinhart, c’est le 20 janvier, quand avant d’arriver à la banque pour s’expliquer, il envoie un texto disant: “je préfèrerais me jeter sous un train”. Il l’écrit car il sait qu’un trader soupçonné de fraude s’est suicidé auparavant dans la banque. “Il sait qu’il ne va pas être brusqué”. “Il aurait pu dire: ‘jevais tout vous dire’”, mais non, il est resté dans “une situation extrêmement embrouillée”. En conclusion, il dit qu’en trois semaines, on a entendu de “nombreux témoins de bonne foi”, mais “très peu Jérôme Kerviel”. Il y a eu “de la tristesse chez tous les salariés de la banque”. Enfin, il répète qu’il n’est pas normal que la banque a été accusé par Kerviel tout ua long du procès.

14h26: Kerviel a “trois cerveaux”
M. Kerviel à “trois cerveaux” ce 18 janvier, un “premier pour exercer son activité normale, pour laquelle il est payée”, un autre pour “mentir”, un dernier “pour remettre du charbon dans la chaudière”. Entre 17h et 18h, le 18 janvier, “alors qu’il sait qu’il est foutu, il va prendre pour 16.646 contrats”. Ce jour là, il a traité plus de 3 milliards d’euros. “Que se passe-t-il dans la tête de M. Kerviel”, demande l’avocat.

14h20: “Il va s’engluer”
Me Reinhart passe maintenant à la “journée particulière du 18 janvier”, jour où la fraude a commencé à être découverte. Il a “deux problèmes”, il doit “masquer” ses opérations directionnelles pour 50 milliards d’euros et son gain d’1,4 milliard d’euros. Dont une partie auprès du courtier Bader. Mais il a un “grain de sable”, c’est ce Bader car “Bader, ça déclenche un contrôle”, puisqu’il n’est pas connu, alors “il va s’engluer”. Du coup, il dit à ses supérieurs, non ce n’est pas Bader, c’est Deutsche Bank. Et il fournit les mail.

14h15: “C’est une démarche organisée, structurée”
Me Reinhart s’arrête sur le faux du 16 mai 2007, quand le prévenu commence à être interrogé sur certaines opérations par le contrôle passerelle. C’est à propos de l’existence d’opérations en Italie. Jérôme Kerviel écrit à Sébastien Conquet du service comptabilité: “la date de valeur sera fin mai. Cela fait un mois que je me bat avec eux (la bourse italienne)”. “Sa stratégie est extraordinaire, il se met du même côté de nous”, note Me Reinhart. Kerviel, dans sa réponse, joint même le mail d’un Italien, “qu’il a inventé”. Ce “mail est là pour tromper et il trompera”. “C’est un faux parmi d’autres, mais il est symptomatique”, dit-il. “Il a cette magie, cette présence”, souligne l’avocat, expliquant que Jérôme Kerviel prenait le temps d’aller voir ses interlocuteurs. “Il donne une vraisemblance à sa démarche”. “Ce n’est pas une petite faute professionelle, c’est une démarche organisée, structurée”, conclut l’avocat.

14h08: Les trois temps du système Kerviel
D’après Me Reinhart, il y a trois temps dans la fraude Kerviel. D’abord, de “mars à aout 2007, un prise de position de 30 milliards d’euros”, qui a pour conséquence une “descente en enfer”, qui amène à une perte de 2,5 milliards d’euros en juillet 2007. Certes il fait un bénéfice de 500 millions d’euros en août, mais il “repart au combat avec 30 milliards d’euros de positions, qui amèneront 900 millions de gains” entre octobre et novembre 2007. Enfin, “il repart encore au combat” du 2 au 18 janvier 2008, “il va forcer la dose”, jusqu’à 50 milliards d’euros.

14h03: “Le système frauduleux Kerviel”
Me Jean Reihnard, autre avocat de la banque, va présenter “le système frauduleux Kerviel”. Il annonce une plaidoirie courte en raison de “la qualité des débats” lors du procès. Le système Kerviel est en trois partie, “une prise de position directionnelle massive”, puis elles sont “masquées par des opérations fictives” et enfin, il s’agit “de maintenir de façon masquée par des mensonges en continus” cette prise de position, ce qui est corrhoboré par la fabrication de “faux”.

14h01: “La réalité de ce dossier, c’est une victime, la Société générale”
Me Martineau, qui défend la banque, s’interroge sur l’affaire Kerviel. Il a des “interrogations légitimes” car il y a “182.000 opérateurs de marchés dans le monde et que trente affaire du type Kerviel révélées depuis 20 ans”, dit-il. 4,9 milliards d’euros de perte, c’est un “triste record” pour le prévenu. “La réalité de ce dossier, c’est d’abord un prévenu, qui prétend n’avoir commis que de légères fautes professionnelles”, continue l’avocat. “Un prévenu qui ment au delà de toutes les contradictions possibles” et “la réalité de ce dossier, c’est une victime, la Société générale”, que le prévenu à “sans cesse accusé”. La SG, une “personne morale” mais aussi “une collectivité de salariés”, qui “attendaient que M. Kerviel s’excuse”.

13h56: Débat sur les parties civiles
Me Martineau pour la Société générale, prend la parole et demande donc, après ce désistement, que la Soc gen ne soit plus citée. Un débat s’engage entre avocats sur les parties civiles après ce désistement. Me Canoy

13h52: Une partie civile se désiste à cause de “pressions”
Le président lit un courrier d’une partie civile, M. Kemlin, qui se désiste de sa partie civile en raison de “pressions” sur sa personne et son entourage.

13h51: L’audience est reprise

13h46: Tout le monde est rentré
Il ne manque que le président du tribunal.

13h38: Ce live a pris du retard car l’audience… a pris du retard
Les réquisitions du procès de Jean-Marie Messier, dasns la même salle, viennent juste de se terminer.

A suivre dès 13h30 sur 20minutes.fr…

Le procès de Jérôme Kerviel touche à sa fin. Mercredi, la parole est aux parties civiles et notamment aux avocats de la Société générale, l’une des principales. Les trois avocats de la Société Générale, Mes François Martineau, Jean Reinhart et Jean Veil, vont se succéder pour réclamer réparation devant la 11e chambre du tribunal correctionnel de Paris, réclamer donc 4,9 milliards d’euros au prévenu, tout en sachant qu’il ne pourra évidemment pas payer une telle somme. Face à l’éventualité de cette peine, Jérôme Kerviel avait marmonné mardi que cela équivaudrait à «la peine de mort».

Jérôme Kerviel refuse d’assumer la responsabilité de cette perte. Pour lui, le «débouclage» des 50 milliards d’euros de positions, fait durant le week-end où la fraude a été découverte, a été fait au mauvais moment. Durant le procès, il est apparu toutefois qu’au mieux, la banque aurait pu réduire ses pertes au maximum d’1,5 milliard mais qu’elles auraient pu monter aussi jusqu’à 29 milliards d’euros.
Les petits actionnaires auront la parole

Les avocats de la banque seront suivis par ceux des autres parties civiles, dont cinq salariés ou retraités actionnaires de la Société Générale, qui estiment que leur épargne a souffert de «l’affaire Kerviel» . Ils devraient réclamer au total quelque 100.000 euros.

Le prévenu est poursuivi pour abus de confiance, faux et usage de faux et «introduction frauduleuse de données» dans un système informatique, encourt par ailleurs cinq ans de prison et 375.000 euros d’amende.

( suite sur 20minutes.fr )

Source Media: Maud Pierron 20minutes.fr & Article installé par Martin Smith pour LeQuebectimes.com

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