Grèce: nouvelle descente aux enfers
April 22, 2010 by Martin Smith

(QT) Le déficit public du pays est revu à la hausse et les taux longs auxquels elle s’endette s’enflamment une nouvelle fois.
L’Office européen des statistiques a une nouvelle fois revu à la hausse le déficit grec, à 13,6% du PIB, contre 12,9% annoncé jusqu’ici par Athènes.
L’agence de notation Moody’s a dans la foulée dégradé la note de la Grèce à A3 et envisage de la baisser davantage
Résultat: les marchés font payer encore plus cher à la Grèce le coût d’emprunt des capitaux. Sur le marché obligataire, les taux des obligations grecques à dix ans ont dépassé leur record de la veille à 8,5% contre 8,08% mercredi soir et 6,3% il y a à peine un mois.
Cercle vicieux
Le différentiel (”spread”) avec l’emprunt allemand à 10 ans, qui sert de référence sur le marché obligataire, s’élevait à près de 550 points de base, un niveau encore jamais vu depuis l’entrée du pays dans la zone euro en 2001.
Pour emprunter sur les marchés et afin de compenser le manque de confiance des investisseurs, les Grecs doivent offrir des taux d’intérêt de 5,5 points de pourcentage plus élevés que ceux des Allemands.
Bientôt insolvable?
La flambée sur ces taux grecs accentue les difficultés du pays à respecter ses échéances de remboursement (le coût de la dette va devenir de plus en plus élevé) et augmente les craintes des investisseurs quant à la solvabilité de ce pays.
La Grèce pourrait alors n’avoir d’autres solutions que de renégocier sa dette estimée à 300 milliards d’euros. Mais le ministre des Finances Georges Papaconstantinou a exclut un possible défaut et l’idée de renégocier sa dette ou même de sortir de la zone euro
Quant au plan d’aide européen, il est de moins en moins pris au sérieux sur les marchés du fait de la lenteur de son processus d’application. De nombreux experts estiment en effet que les 45 milliards d’euros d’aide sur trois ans, promis par l’UE et le FMI, ne vont permettre de soulager la Grèce que de manière momentanée. Ce plan n’allégera pas le fardeau de sa dette qui continuera, pendant ce temps, de s’alourdir.
Pour Erik Nielsen, chef économiste de la banque d’affaires américaine Goldman Sachs pour l’Europe, une renégociation volontaire de la dette, couplée au “paquet” promis par l’Union européenne et le Fonds monétaire international, serait pourtant le “meilleur scénario” pour que le pays s’en sorte.
Objectif maintenu
Malgré la dégradation des comptes, le grouvernement grec ne change pas son objectif de réduction de déficit de 4%. car il doit aussi composer avec la pression de la rue.
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Source Media: e24.fr & Article installé par Martin Smith pour LeQuebectimes.com

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