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Faisons payer les riches !

April 6, 2010 by Martin Smith 

Les Québécois n’aiment pas le budget présenté par le ministre des Finances Raymond Bachand. Ils le trouvent injuste car il accablerait la classe moyenne, seule victime des hausses de taxes et de tarifs.

(QT) À entendre certains opposants devenus totalement amnésiques au sujet de la dette du Québec, on se demande même pourquoi le gouvernement a eu la bête idée de promulguer de telles hausses.
J’ai ma théorie là-dessus : nous sommes en période de sevrage. Nous étions enivrés par le plaisir de dépenser sans compter et de tout s’offrir. Le gouvernement a décidé de couper la carte de crédit, de rééquilibrer ses livres et de commencer à rembourser sa dette. Comme tout sevrage, cela fait mal.

Oui, le gouvernement avait d’autres choix. Il aurait pu unilatéralement couper des programmes et des services. Dire adieu à l’assurance-médicament, dont les coûts progressent deux fois plus vite que ceux de la santé. Ou cesser de subventionner les CPE. Ou encore, et certains s’en délecteraient, arrêter sur le champ toute subvention au secteur aéronautique, qu’importe si des milliers d’emplois pourraient se trouver menacés.

Oui, il aurait pu faire autrement. Le Québec vit au-delà de ses moyens, aussi bien réduire notre train de vie et dépecer ce que certains appellent le «modèle québécois». Cela aurait été peut-être plus logique. Vous savez quoi ? Les manifestants auraient crié encore plus fort et les sondages n’auraient pas été meilleurs. Les Québécois veulent tout, sauf l’addition.

Le refrain le plus entendu ces jours-ci reprend cette vieille lubie : le gouvernement n’est pas allé chercher l’argent où il se trouve, c’est-à-dire dans les poches des mieux nantis. La réalité est tout autre. 81 % des contribuables québécois contribuent pour 31 % des impôts versés au gouvernement. Les 19 % qui restent – les vilains «riches» – absorbent déjà 69 % de la facture. Si je comprends bien, certains voudraient avoir les services sociaux les plus extraordinaires au monde payés en grande partie par moins de 20 % de la population ? Québec Solidaire existe pour ceux qui sont de cet avis.

On pousse aussi les hauts cris au sujet de la cotisation de 200 dollars par adulte au financement de la santé. Oui, cette contribution aurait pu être modulée en fonction des revenus. C’est le cas en Ontario, où un contribuable gagnant 36 500 dollars par année doit payer une contribution personnelle de 330 dollars. Pour un couple de deux adultes du même salaire, la contribution est néanmoins de 260 dollars plus élevée en Ontario qu’au Québec. En Colombie-Britannique, une famille de deux personnes verse 1224 dollars, trois fois plus qu’au Québec.

Les Québécois n’en reviennent pas qu’à partir de 2014 les tarifs d’électricité seront relevés de 3,7 % par année afin de contribuer au remboursement de la dette colossale du Québec. Si vous voulez vous consoler, lisez ce qui suit.

Sachez d’abord que l’électricité coûtait déjà 64 % de plus à Toronto qu’à Montréal. En novembre dernier, Toronto Hydro a changé sa tarification pour décourager la consommation pendant les périodes de pointe. Cela s’est traduit par une hausse moyenne de 7 % des tarifs pour 92 % des abonnés. Le premier juillet, la taxe de vente de 8 % s’appliquera pour la première fois au compte d’électricité. Pour finir le tout, Ontario Power Generation, le producteur d’électricité, demande une hausse de 9,6 % de ses tarifs à compter du 1er janvier prochain.

J’oubliais, le gouvernement va percevoir un nouveau tarif de 4 dollars par année pour favoriser les économies d’énergie. Faites les calculs, les Torontois verront leur compte d’électricité bondir de plus de 20 % en 14 mois. Tout compte fait, nous sommes chanceux au Québec.

Sur ce, Joyeuses Pâques à tous !
( suite sur argent.canoe.ca )

Source Media:Pierre Duhamel Un journaliste économique depuis 30 ans et un des grands experts en économie au Québec.
argent.canoe.ca & Article installé par Martin Smith pour LeQuebectimes.com

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