Le cauchemar anglais de la Caisse
February 25, 2010 by Martin Smith

(QT) L’investissement de la Caisse de dépôt et placement dans British Airport Authority (BAA) continue de soulever bien des questions. La santé financière de l’opérateur de l’aéroport d’Heathrow pose problème, les résultats trimestriels sont dans le rouge et le bas de laine a même dû remettre de l’argent dans l’aventure.
Selon ce qu’a découvert le chroniqueur d’Argent François Pouliot, la Caisse de dépôt vient de remettre 45 millions $ CAN dans BAA afin de faciliter son refinancement de 1,6 milliard $. L’Espagnole Grupo Ferrovial détient 58,5 % de BAA, 21,2 % pour l’institution québécoise.
Et il ne s’agirait pas de la seule injection nécessaire pour BAA. Un autre refinancement de dette de 2,6 milliards $ est à l’agenda pour avril 2011.
A la veille de publier ses propres résultats jeudi, «le bas de laine des Québécois» ne peut donc que constater les difficultés de son placement en Angleterre.
En début de semaine, British Airport Authority a rapporté une giga-perte de 821,9 millions de livres sterling (1,3 milliard $ CAN) lors de l’exercice 2009. Le chiffre d’affaires avait toutefois augmenté de 8,3 % à 1,98 milliards de livres sterling ou 3,21 milliards $ CAN.
Comme le confirme Éric Pineault, professeur à l’UQAM en économie des institutions, il ne s’agit pas d’une perte réelle pour la Caisse mais bien une perte aux livres. Mais, cela affecte évidemment le rendement de l’institution.
À ses dires, l’aventure anglaise de la Caisse est en train de tourner au vinaigre si bien que le bas de laine devrait même considérer vendre BAA.
«C’est un investissement qui s’apparente à un cauchemar. La Caisse devrait recentrer ses activités, vendre sa participation et absorber les pertes», a-t-il affirmé en entrevue.
Cette aventure dans BAA est explicable selon lui par le goût de diversification dans toutes sortes de produits, un letimotiv présent à la Caisse lors des années Henri-Paul Rousseau alors qu’on n’hésitait pas à se comporter «comme les grandes sociétés de placement».
«On se rappelle, Henri-Paul Rousseau était sorti dans les médias pour défendre les partenariats publics-privés. Il avait dit qu’il n’hésiterait pas à investir dans ce type de projets», a rappelé M. Pineault. ( suite sur argent.canoe.ca )
Source Media: argent.canoe.ca & Article installé par Martin Smith pour LeQuebectimes.com

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