Taillon lance une course à la direction, et une bombe
November 11, 2009 by Martin Smith
(QT) Le chef de l’aile parlementaire de l’Action démocratique du Québec et député de Shefford, François Bonnardel, a confirmé mardi que le chef du parti, Gilles Taillon, ne sera pas candidat à sa propre succession lors d’une nouvelle course à la direction du parti.
Au centre d’une crise qui menace l’avenir même de son parti depuis son élection, le 18 octobre dernier, M. Taillon a annoncé mardi qu’il demandait l’organisation d’une nouvelle course, et qu’il restait chef jusqu’à l’issue de ce processus.
M. Bonnardel a affirmé que les quatre députés adéquistes restants, c’est-à-dire lui-même, Sylvie Roy, Gérard Deltell et Janvier Grondin, maintiendraient le caucus.
François Bonnardel n’a pas confirmé s’il serait candidat à la direction de l’ADQ ni s’il était en faveur d’un couronnement qui éviterait une autre coûteuse course.
Au passage, M. Bonnardel a dénoncé les responsables de ce qu’il a appelé le « sabotage » du parti pour miner la crédibilité du chef. Il a ajouté « qu’ils avaient choisi de partir », faisant référence aux députés Éric Caire et Marc Picard, qui ont annoncé vendredi dernier qu’ils siégeront dorénavant comme indépendants.
Taillon s’inquiète des pratiques de financement
Plus tôt, en conférence de presse avec M. Bonnardel, Gilles Taillon a expliqué qu’il avait pris sa décision pour mettre fin aux guerres intestines au sein de l’ADQ.
M. Taillon a ajouté qu’il avait découvert « certains aspects un peu troublants » dans la gestion financière de l’ADQ depuis 2003, et qu’il avait demandé une rencontre avec la Sûreté du Québec, laissant ainsi entendre qu’il pourrait s’agir de pratiques illégales.
Gilles Taillon a refusé de répondre aux questions des journalistes après le point de presse.
Cette annonce faisait suite à un caucus extraordinaire tenu par les quatre députés restants de l’ADQ, auquel M. Taillon avait brièvement participé.
Lundi soir, le président de l’ADQ, Mario Charpentier, a annoncé qu’il démissionnait de son poste. M. Taillon a dit qu’il regrettait le départ de M. Charpentier et a salué sa contribution au parti.
Caire reste indépendant
En point de presse, le député Éric Caire a déclaré qu’il ne voyait rien qui le pousserait à revenir à l’ADQ pour le moment.
Il a affirmé qu’il restait indépendant et qu’il ne serait pas candidat dans une nouvelle course à la direction.
M. Caire a déclaré qu’il ne comprenait pas la décision de Gilles Taillon, ajoutant qu’il ne savait pas comment le parti pourrait survivre à une deuxième course à la direction.
Éric Caire a précisé qu’il ne savait rien des irrégularités en matière de financement dont a parlé M. Taillon.
Lorsqu’un journaliste a demandé si l’arrivée d’un messie au sein de l’ADQ pourrait l’inciter à y revenir, M. Caire a affirmé que seule une personne de la trempe de l’ex-premier ministre Lucien Bouchard pourrait le convaincre, tout en précisant qu’il ne demandait pas nécessairement que ce soit lui.
M. Taillon fait un tort qui est, à mon avis, irréparable à l’ADQ.
— Éric Caire
Lévesque veut Deltell
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Christian Lévesque (archives) |
Arrivé troisième dans la course à la direction, l’ex-député adéquiste Christian Lévesque a qualifié les derniers événements à l’ADQ de « mauvais vaudeville ». Du coup, M. Lévesque a aussi indiqué qu’il n’avait aucune intention d’être de nouveau candidat pour prendre la tête du parti.
Selon M. Lévesque, le député Gérard Deltell est le « choix le plus sensé » pour prendre la succession de M. Taillon. Élu, M. Deltell a, selon Christian Lévesque, le respect des adéquistes et une compréhension du domaine journalistique, lui qui a travaillé pendant deux décennies sur la colline Parlementaire.
M. Lévesque n’a pas caché qu’il souhaitait un couronnement du prochain chef, parce que, selon lui, l’ADQ ne peut revivre une division du vote, au risque de disparaître. Il a ajouté que le parti n’avait pas les moyens financiers pour organiser cette course. Il a dit craindre une perte de légitimité de l’ADQ auprès de la population.
M. Lévesque estime que l’ADQ doit prendre le temps de rebâtir sa structure. L’ex-député a dit croire que le Québec avait encore besoin d’une voix de centre droit.
Dumont croit à une union du centre droit
Dans le cadre de son émission de télévision, l’ancien chef de l’ADQ, Mario Dumont, a déclaré que Gilles Taillon avait fait « la seule chose honorable » dans les circonstances.
M. Dumont soutient que le parti n’a pas à craindre une défection massive de ses membres, parce que l’arrivée d’un nouveau chef pourrait les faire revenir. Il a ajouté qu’il ne servait à rien de disperser les idées de centre droit dans plusieurs partis, alors que certains, comme le controversé maire de Huntingdon, Stéphane Gendron, ont lancé l’idée de créer une nouvelle formation de droite.
L’ADQ en déclin

Le 8 décembre 2008, lors des élections générales, l’Action démocratique du Québec perd son statut d’opposition officielle et se retrouve avec seulement sept députés à l’Assemblée nationale. Le parti en comptait 41 après le scrutin général précédent, le 26 mars 2007.
Le soir même, le chef de l’ADQ, Mario Dumont, annonce sa démission comme chef qui sera officialisée le 24 février 2009. Une course à la direction sera lancée par la suite.
Le 22 juin 2009, l’ADQ perd la circonscription de Rivière-du-Loup, l’ancien fief de M. Dumont, aux mains du Parti libéral du Québec, représenté par l’ancien maire de la ville, Jean D’Amour. L’ADQ compte six députés à l’Assemblée nationale.
Le 18 octobre 2009, à l’issue d’une course à la direction marquée par un affrontement très dur entre l’ex-député Gilles Taillon et le député Éric Caire, M. Taillon est élu chef de l’ADQ avec seulement deux voix de majorité.
Le 22 octobre 2009, un reportage de l’émission Infoman révèle que l’animateur Jean-René Dufort a enregistré un faux vote pour Gilles Taillon, au nom du défunt président gabonais Omar Bongo. De deux votes, la majorité de M. Taillon passe à une seule voix.
Le 28 octobre 2009, Gilles Taillon, qui ne siège pas au Parlement, choisit le député François Bonnardel pour diriger l’aile parlementaire de l’ADQ, donc pour être son représentant à l’Assemblée nationale.
Coup d’éclat le 6 novembre 2009, les députés Éric Caire et Marc Picard annoncent qu’ils quittent l’ADQ pour siéger comme indépendants à l’Assemblée nationale. Le même jour, on apprend que le président de l’ADQ, Mario Charpentier, a soutenu financièrement la campagne de Gilles Taillon.
L’ADQ ne compte plus que quatre députés à l’Assemblée nationale, soit François Bonnardel, Sylvie Roy, Gérard Deltell et Janvier Grondin.
Le 9 novembre 2009, le Parti libéral et le Parti québécois se disent prêts à accueillir MM. Caire et Picard dans leurs rangs, tandis que le député Gérard Deltell laisse planer un certain doute sur son avenir, en assistant à une présentation du premier ministre Jean Charest dans sa circonscription de Chauveau. Le soir même, Mario Charpentier annonce qu’il démissionne de la présidence de l’ADQ.
Le bureau de l’Assemblée nationale devra trancher sous peu sur le statut de l’ADQ. En vertu des règles actuelles, pour avoir un statut officiel, un parti doit avoir obtenu 20 % du vote ou fait élire 12 députés. Un projet de loi à l’étude ferait passer ces critères à 15 % et 6 députés.
Source Media: Article installé par Martin Smith pour LeQuebectimes.com


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