Parti libéral du Canada Benoît Corbeil demande la clémence
October 24, 2009 by Martin Smith
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Photo: La Presse Canadienne /Ryan Remiorz Benoît Corbeil quitte le palais de justice de Montréal après avoir plaidé coupable, en juin dernier. |
(QT) L’ex-directeur général de l’aile québécoise du Parti libéral du Canada, Benoît Corbeil, a demandé vendredi la clémence de la Cour, dans le cadre des représentations sur la peine à son procès.
Par la voix de son avocat, M. Corbeil a réclamé une absolution conditionnelle pour les accusations de fraude et de trafic d’influence pour lesquelles il a plaidé coupable en juin dernier.
Il s’est dit prêt à faire un don de 5000 à 10 000 $ à un organisme de charité, ou encore à accomplir des travaux communautaires.
L’avocat de Benoît Corbeil a estimé que les fraudes commises en 1997, 1999 et 2000 n’avaient pas servi à son enrichissement personnel, mais plutôt au financement du Parti libéral du Canada et à celui du camp de Jean Chrétien contre Paul Martin, dans la rivalité qui opposait les deux hommes. Il a ajouté que M. Corbeil avait déjà payé le prix du battage médiatique ayant entouré l’affaire.
Si son client n’obtenait pas une absolution, Me Michel Grenier a demandé au tribunal de le condamner à une amende et à une période de probation sans emprisonnement.
La procureure de la Couronne, Me Josée Fontaine, a demandé pour sa part à la juge Suzanne Coupal qu’elle impose une peine de prison ferme de 18 à 24 mois, assortie d’une ordonnance de remboursement. Me Fontaine a évoqué la possibilité d’une amende, sans en préciser le montant.
La juge Coupal rendra sa décision le 4 décembre prochain.
Parallèlement au scandale
Sans être directement reliées au scandale des commandites, les accusations découlaient de l’enquête Carnegie menée par la Gendarmerie royale du Canada (GRC) dans le cadre de ce scandale.
Dans le dossier de trafic d’influence, M. Corbeil a admis avoir exigé, en 1997, une contribution de 50 000 $ d’un homme d’affaires de Saint-Jean-sur-le-Richelieu, Réal Ouimet, en échange de démarches visant à lui permettre d’acquérir un terrain appartenant au gouvernement fédéral.
« M. Corbeil l’a rencontré, lui a demandé de lui expliquer son problème et lui a dit qu’il pourrait faire quelque chose s’il faisait un don, une contribution de 50 000 $ au Parti libéral », expliquait en juin la procureure de la Couronne.
M. Ouimet, qui voulait utiliser le terrain pour agrandir la carrière qu’il exploitait dans la région, a versé la somme en argent comptant au lobbyiste Alain Renaud, mais n’a plus jamais entendu parler de Benoît Corbeil, qui était alors coordonnateur régional du PLC section Québec. Le nom d’Alain Renaud a resurgi dans le cadre du scandale des commandites.
Dans le dossier de fraude, M. Corbeil a admis avoir autorisé de fausses factures d’une valeur de 117 317 $ entre novembre 1999 et juin 2000. Le stratagème visait à soutirer frauduleusement des sommes au PLC-Québec, dont M. Corbeil était à l’époque directeur général. Cet argent soutiré au Parti libéral aurait été redistribué à Giuseppe Morselli, par le biais de son entreprise.
« Cet argent est redistribué à Buffet Trio, pour aboutir dans les poches de Giuseppe Morselli. C’est ce qu’on appelle le financement illégal, le financement parallèle du parti », décrivait la procureure, en juin.
Le Parti libéral du Canada a réfuté ces affirmations. Son avocat, Me Charles Côté, affirme d’une part que les 50 000 $ versés par Réal Ouimet ne se sont jamais rendus dans les coffres du parti et que les 117 317 $ détournés sont tout simplement disparus des livres. « Le parti, en ce qui le concerne, n’a jamais vu cet argent-là », a soutenu l’avocat.
Benoît Corbeil a dirigé le PLC, section Québec, pendant les années où le programme des commandites a été lancé. Son premier contact politique était Alfonso Gagliano, lieutenant de Jean Chrétien au Québec. Benoît Corbeil a été blâmé dans le rapport du juge John Gomery.
Source Media: Denis Lessard La Presse & Article installé par Martin Smith pour LeQuebectimes.com


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