Arrestation de Polanski
September 29, 2009 by Martin Smith
(QT) En Suisse, le cinéaste franco-polonais Roman Polanski a passé une deuxième
nuit en prison après avoir été arrêté relativement à une affaire de moeurs survenue il y a plus de 30 ans aux États-Unis. Pendant que ses avocats étudient les possibilités qui s’offrent à eux pour combattre une demande d’extradition des autorités américaines, des personnalités du monde du cinéma continuent de se mobiliser pour exiger sa libération.
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L’avocat français du cinéaste de 76 ans, Hervé Temime, qui s’est rendu à Zurich en compagnie de la femme de Polanski, Emmanuelle Seigner, fait preuve d’une attitude combative. Il indique qu’il va demander sa remise en liberté. En ce qui concerne le fond de l’affaire, il soutient qu’il pourrait y avoir prescription, c’est-à-dire que le délai pour aller de l’avant est expiré.

Le réalisateur du Pianiste et de Chinatown a été interpellé samedi en vertu d’un mandat d’arrêt émis par la justice américaine. Le cinéaste a admis avoir eu des relations sexuelles avec une jeune fille de 13 ans en 1977, mais il a quitté le pays pour la France avant que la sentence ne soit prononcée. Il avait passé 42 jours en détention.
La victime de Roman Polanski, indemnisée dans le cadre d’une procédure au civil, demande elle-même que les procédures soient abandonnées. Plus tôt cette année, le cinéaste a déposé une requête en abandon des procédures, mais celle-ci a été rejetée par la Cour supérieure de Los Angeles. Le juge a toutefois admis que le dossier avait été mal géré à l’origine.
Le procureur général de Los Angeles, responsable du dossier, a confirmé lundi qu’il demandera l’extradition de Roman Polanski. Son bureau avait révélé lundi avoir demandé la collaboration des autorités suisses après avoir appris que le cinéaste allait recevoir un prix au Festival du film de Zurich.
Au fil des années, le bureau du procureur a constamment soutenu que la justice ne pouvait laisser filer un homme accusé d’avoir drogué et violé une fillette. Officiellement, la justice américaine a 60 jours pour déposer une demande d’extradition. Le processus peut faire l’objet de plusieurs appels.
Roman Polanski possède depuis plusieurs années un chalet dans la station de ski de Gstaad, en Suisse, réputée pour permettre à de nombreuses vedettes de vivre loin des paparazzis. La ministre suisse de la Justice, Eveline Wildmer-Schlumpf, soutient que si le cinéaste n’a pas été arrêté plus tôt, c’est parce que les autorités suisses ne connaissaient pas ses déplacements à l’avance.
Protestations diplomatiques
En plus d’une contestation juridique, le dossier de Roman Polanski fait l’objet de protestations diplomatiques en bonne et due forme. Lundi, le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, a réitéré que son homologue polonais Radek Sikorski et lui ont écrit à la secrétaire d’État américaine Hillary Clinton pour demander que Roman Polanski soit libéré.
L’arrestation du cinéaste a également fait réagir la directrice générale élue de l’UNESCO, la Bulgare Irina Bokova. Dans une interview télévisée à TV5 Monde-RFI-Le Monde, elle a déclaré que l’arrestation de Roman Polanski était « choquante ». Elle a laissé entendre que l’UNESCO pourrait demander sa libération lorsqu’elle aura pris ses fonctions, en octobre.
Des cinéastes et artistes du monde entier ont signé une pétition pour demander la libération de Roman Polanski, dont Costa-Gavras, Wong Kar-Wai, Fanny Ardant, Ettore Scola, Giuseppe Tornatore, Monica Bellucci, Tony Gatlif, Barbet Schroeder et Bertrand Tavernier.
La Cinémathèque française et le Festival de Cannes ont aussi signé cette pétition, dans laquelle on peut lire qu’il est « inadmissible qu’une manifestation culturelle internationale, rendant hommage à l’un des plus grands cinéastes contemporains, puisse être transformée en traquenard policier ».
Source Media: Article installé par Martin Smith pour LeQuebectimes.com

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