Millénium le film : le culte à l’écran
May 30, 2009 by Martin Smith
(QT) Le livre ou le film? Au grand écran, Millénium ne fait pas mentir la croyance selon laquelle
un bon livre accouche rarement d’un bon film. Le premier tome de la trilogie de Stieg Larsson devient, au cinéma, un film plutôt sage, et ce, malgré la critique sociale, édulcorée à l’écran, qui a fait son succès.
Pourtant, le propos ne manque pas de relief. Mikael Blomkvist (Michael Nyqvist), célèbre journaliste, fondateur de la revue Millénium, vient d’être condamné pour diffamation. L’objet du délit, un reportage assassin mais truqué sur l’un des plus grands patrons de la Suède, Hans-Erik Wennerström.
Humilié, Blomkvist se retire momentanément de son journal. Il est alors contacté par l’un des membres d’une influente famille d’industriels, Henrik Vänger. Vänger fait une offre farfelue à Blomkvist : enquêter sur le meurtre de sa nièce adorée, survenu 40 ans plus tôt. Blomkvist n’a d’autre choix que d’accepter.
N’en disons pas plus pour ne pas gâter le plaisir de ceux qui, s’il en reste, n’auraient pas lu Les hommes qui n’aimaient pas les femmes. Mentionnons qu’à cette intrigue se mêleront une jeune hacker punko-gothique et bisexuelle, Lisbeth (très convaincante Noomi Rapace) ainsi que des scènes de violence sexuelle assez physiques.
Du foisonnant livre, de l’intrigue Vanger et du scandale Wennerström, les scénaristes de Millénium (Nikolaj Arcel et Rasmus Heisterberg) ont décidé de garder l’essentiel, en raccourcissant les liens entre les deux histoires. Cette maladresse crée un déséquilibre dans le scénario et étire la sauce inutilement.
Le film respecte pour le reste le rythme soutenu du livre. Les situations – parfois explicites – se succèdent rapidement et gardent toujours l’intérêt du spectateur éveillé. Le réalisateur, habitué à des productions plus intimistes, plus proches du cinéma d’auteur, a choisi aussi de montrer une Suède anti-IKEA : couloirs de métro sombres de Stockholm, campagne sauvage et livide.
Les scènes de viols – car, au Royaume de la Suède, les femmes ne sont pas si égales aux hommes qu’on le croit – montrent davantage que les scènes auxquelles le public nord-américain est habitué. Malgré tout, le film ne transmet pas vraiment les critiques de Larsson sur sa société avec la virulence que l’on aurait attendu…
Prendra? Prendra pas? Il y a fort à parier que Millénium attirera, comme en Europe, curieux et fidèles jusqu’en salle. Loin d’être décevant, Millénium laisse néanmoins «cinématographiquement» sur sa faim. Trop sage, trop cacophonique et un peu trop long, le film ne devrait pas dépasser en popularité le livre.(suite sur Cyberpresse.ca ) sur La Presse
Source Media: Anabelle Nicoud La Presse & Article installé par Martin Smith pour LeQuebectimes.com

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