Prêts pour d’autres élections?
November 28, 2008 by Martin Smith
(QT) Confronté à une économie chancelante, le gouvernement Harper anticipe de très maigres
surplus pour ses deux prochains budgets. En fait, ces surplus seront annulés par une intervention du fédéral dans des secteurs industriels névralgiques. Mais pour éviter un déficit abyssal, le gouvernement conservateur annonce des ventes d’actifs de 2,3 milliards et des réductions de dépenses de 2 milliards. Il prévoit aussi de nouvelles règles pour mieux protéger les épargnants. Insatisfaits, les partis de l’opposition menacent de voter contre le plan. Le Canada est-il sur le point de retourner en élections?
Le gouvernement Harper a provoqué une crise politique extrême qui risque d’entraîner sa chute en présentant hier aux Communes un énoncé économique qui a été catégoriquement et unanimement condamné par les partis de l’opposition.
Dans des mouvements de colère rarement vus à Ottawa, le Parti libéral, le Bloc québécois, le NPD et le Parti vert ont vivement rejeté le document du ministre des Finances, Jim Flaherty, estimant qu’il ne contenait aucune mesure pour contrer la crise financière.
L’opposition a particulièrement mal réagi à l’annonce du grand argentier de mettre un terme aux subventions annuelles de l’État versées aux partis politiques, une mesure surtout défavorable aux libéraux, aux bloquistes, aux néo-démocrates et aux verts. Ces partis ont qualifié d’«inacceptable» et «antidémocratique» l’idée de changer le mode de financement des partis politiques en pleine crise financière afin d’économiser 27 millions de dollars par année.
Dans ce contexte, le gouvernement conservateur risque d’être renversé dès lundi soir au cours du vote de confiance qui aura lieu aux Communes sur cet énoncé économique. Hier soir, un stratège conservateur a fait savoir que le gouvernement Harper n’a guère l’intention de reculer sur cette question.
«Les partis de l’opposition sont bien plus préoccupés par leurs subventions que par la crise économique», a dit ce stratège conservateur.
Divers scénarios évoqués
L’affrontement semble donc inévitable lundi soir. Selon des informations obtenues par La Presse, des représentants des trois partis de l’opposition ont évoqué dès hier soir divers scénarios, dont celui de la formation d’une coalition entre le Parti libéral et le Nouveau Parti démocratique pour former un gouvernement.
Des responsables au PLC, au NPD et au Bloc québécois, qui ont requis l’anonymat, ont confirmé à La Presse que des discussions étaient en cours à divers niveaux sans pour autant que l’on consente à les qualifier de «?négociations?».
«On se parle», a affirmé une source néo-démocrate.
«Ce sont des discussions préliminaires», a renchéri un stratège libéral.
Du côté du Bloc québécois, on confirme que des rencontres ont eu lieu hier à divers niveaux avec les libéraux, les verts et le NPD. Cependant, des sources bloquistes ont déclaré à La Presse qu’il n’était pas question pour le Bloc de participer à un quelconque gouvernement de coalition en acceptant des postes de ministre.
Le Bloc va s’en tenir à sa stratégie historique de soutien ou de rejet les politiques du gouvernement au pouvoir, quel qu’il soit, selon qu’elles correspondent ou non aux intérêts du Québec, a-t-on fait savoir.
Du côté du NPD, La Presse a appris que le chef Jack Layton a annulé le discours qu’il devait prononcer aujourd’hui à Vancouver afin d’être au plus près des événements qui se passent en ce moment dans la capitale fédérale. Une source néo-démocrate a affirmé que cette décision constitue «?un geste intéressant?» alors que des discussions sont en cours entre les partis de l’opposition.(suite) sur Cyberpresse.ca

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